Road trip

Publié le par marie.r

   
EXT. Jour, Ville de mon adolescence et des fois encore de maintenant. Je ne renie rien.
Personnages : Moi, Titine, et des méchants
Problématique : "je n'ai besoin de per-sonne en Harley David-son"


    Oui, je suis une rebelle. Je défie, cheveux au vent, les lois de la gravité au volant d’une Twingo couleur bonbon. Je survole les obstacles que m’impose la route, du haut de mes 90km/h pied au plancher. Au bout de ces deux petites phrases, normalement, tout le monde aurait dû percevoir le ton ironique habilement donné au papier. Le coup de la Twingo a dû vous mettre la puce à l’oreille, non ? Personne ne peut paraître rebelle au volant d’une Twingo violette. Donc voilà, je roulais, cheveux dans le chauffage, vers une destination plutôt habituelle. Comme d’habitude, j’entre dans la ville au volant de mon fidèle destrier, comme d’habitude je me dirige vers un parking gratuit, comme d’habitude je sors (élégamment) de la voiture, ferme le tout, et comme d’habitude je pars pour une après-midi en centre ville, en quête de quelques flatteuses dépenses compensatrices de mon moral parfois brinquebalant. Je trouve ce qu’il faut : cadeau pour la sœur, cadeau pour le copain, cadeau pour moi. Je retourne au parking où m’attend en piaffant d’impatience mon charmant moyen de locomotion, grimpe (élégamment) à son volant, et m’envole vers de nouvelles aventures.
    Je fais quelques mètres, le moteur rugit doucement, le soleil reflète ses doux rayons sur mon impeccable pare-brise, les pneus avalent le bitume comme s’ils n’avaient jamais connu les 120 000 Km précédents. Je m’arrête au feu rouge suivant, laisse se promener mon regard sur le tableau de bord rutilant, et tombe sur…un PV. Fichtre! Quiconque eut été là aurait pu lire l'incompréhension la plus totale sur mon visage. Moi, un PV? Moi qui paye jusqu'aux 5 minutes passées devant la boulangerie? Moi qui hésiterais presque à payer un ticket pour le temps passé à l’arrêt d’un feu rouge ? MOI, un PV ?? Troublée, choquée, j’en viens à envisager une trahison de la part de la voiture, une fugue avec un amant chromé-tunné sur d’autres parkings plus luxueux du centre ville. Oui, je suis pingre, je ne m’approche pas plus des rues piétonnes et ombragées parce que je trouve ça trop cher, voilà…et alors, c’est une raison pour me faire ça, à moi ?? Mon esprit échauffé se raisonne (non, décidément la voiture n’a pas pu faire ça seule), et en vient à réaliser le pire : ce parking, auquel j’ai été fidèle pendant des années, est devenu payant, sans que personne ne m’en ai averti. Pire encore, ce parking parfait (ni trop loin du centre, ni trop proche de la chaussée, sans places à créneau et facile d’accès) recèle désormais de ces êtres sans scrupules distributeurs de PV, aux accents hautains et à l’allure résolument vieillotte : des agents de la maréchaussée. On ne m’y reprendra plus ! Je poursuis donc ma route, PV voletant au vent, me disant pleine de bonne volonté et de conseils sur la sécurité routière que je le détacherai de mon essuie-glace quelque 500 m plus loin, arrivée à destination. Inutile de s’arrêter là, au milieu de la chaussée, dans la précipitation, au risque de se faire emboîter le fondement.
    Je poursuis donc, le ventre noué (un PV, moi...), l'amende bien accrochée, pressée d'arriver. J'avale 100 petits mètres de route communale, négocie un virage, et là, cachés, tapis dans l’angle mort…des policiers. Encore ??! Oui, encore. Alors, forcément, moi, là, avec mon PV au vent qui danse la capoera sur le pare-brise, ben j’y coupe pas. Arrêtez-vous mademoiselle garez vous plus loin mademoiselle non c’est bon ça suffit là mademoiselle revenez par ici mademoiselle non ça c'est mon pied mademoiselle inutile de faire le créneau mademoiselle. Oui, c’est ma première arrestation. Le gentil policier (quoiqu’un peu sec quand même) fais le tour de la titine, et récupère la coupable de mon arrestation sans motif valable. Il me tend le PV, avec un légèrement culpabilisant « j'vous donne ce qui vous appartient déjà ». Ce qui sous-entend – je suppose- quelque chose comme  « toi comme ça les PV tu t’en fous ben tu vas voir ce qu’on va te mettre si on trouve quoi que ce soit de louche sur ta voiture qui ressemble à un gros berlingot ». Ouais, genre je vole des voitures et j’ai jeté mon dévolu sur une…Twingo ?? Bref passons sur ce détail. Évidemment le gentil policier (quoiqu’un peu sec toujours) ne trouve rien, je suis quelqu’un de très sérieux moi monsieur, bute quelques secondes sur le nom inscrit sur la carte grise, l’annone à mon égard (« c’est mon papa monsieur »), et nous laisse nous enfuir loin d’ici, moi, ma voiture et mon PV.
    Grand Chelem donc pour Marie et sa Twingo, qui après 5ans de permis de conduire sans aucune infraction commise ni sanctionnée se font verbaliser puis arrêter d’affiler, en moins de deux minutes montre en main. Eh, Julie,c’est bon pour la Honte Academy ça ?

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julie 24/02/2008 18:15

oui oui oui c'est bon pour la honte academy!!Mais bon, j'ai pas encore le permis donc je ne peux pas encore te défier sur ce sujet.Mais profite en parce que quand je l'aurai je te battrai.
bisous