La vie aquatique

Publié le par marie.r

Oui parce que des fois, comme la liste des genres filmiques n'est pas si longue que ça non plus, j'utiliserai des noms de films pour titrer mes papiers. Mon imagination a des limites...

INT. Jour, piscine municipale
Personnages : Moi, Soeurette, un maillot de bain démissionaire, une décision stupide.
Problématique : Qui a dit que j'étais de mauvaise volonté?

    En vacances pour une petite semaine, je cours rejoindre mon chez-mes-parents. Et une après midi de creux, je décide, comme ça, de tenter l’aventure folle de l’après midi à la piscine municipale. Je convaincs avec brio ma sœur de me suivre sur cette voie on ne peut plus savonneuse (sans mauvais jeu de mots), car comme chacun le sait, la piscine municipale pendant les vacances, c’est un peu quitte ou double. Deux choix se posent: une piscine remplie à ras bord d’enfants braillards et hurlant la mort pour récupérer ce grand machin en mousse que même toi tu l’avais déjà quand tu étais petit, ou une piscine remplie à ras bord d’enfants braillards et hurlant à la mort pour récupérer ce gros ballon transparent que toi tu as collé entre tes mollets en pensant que ça servait pour les aqua-exercices d’abdos fessiers. Mais on y est allé. On est comme ça, un peu téméraires. Comme cette sortie était toute à fait inopinée, je n’avais évidemment pas prévu de maillot de bain dans mes bagages. Que cela ne tienne, je me lance tête baissée dans le farfouillage de vieux tiroirs. Je tombe au bout de quelques instants sur mon vieux une pièce Dadoudas (sobre, noir et blanc, bien coupé) datant du collège tout de même. Ouille. Je me dis que non, décidément, soyons réalistes, je ne rentrerai jamais dedans. Eh bien si, madame. Première étape négociée, le maillot me sied à merveille (ou presque). Dans un élan de conscience je me dis  que les élastiques ne doivent pas être au meilleur de leur forme, mais portée par mon envie de faire flotter mon corps dans une étendue bleutée et de nager de tout mon saoul en espérant chasser à tout jamais mes kilos en trop, je me lance, jette soeur et sac de sport dans la voiture, et fonce vers la piscine. Passé la porte, les vieilles angoisses remontent. La piscine, c’est du quasi à poil toute l’aprèm’, c’est du cakos à chaque coin de bassin, c’est  des regards méprisants à tous les lavabos. Mais néanmoins, je me glisse dans mon bon vieux Dadoudas, m’enroule dans ma serviette, fixe ce maudit bracelet-porte-clef où je peux, me griffe deux fois avec, le change de place, passe le pédiluve glacial, m’approche du bord de l’eau, jette ma serviette et mouille un orteil. Elle est bonne. C’est bon. J’entre. 
    Je flotte dans l’eau douceâtre, fais la planche, me laisse tenter par une roulade. Comme l’eau me rentre dans le nez j’abandonne, et me lance dans quelques longueurs. Ces quelques longueurs qui se résument aisément en une seule au vu de mon état physique au bout des 25 premiers mètres. En tout cas j’essaie, et ça c’est bien à ce qu’il paraît. Les premiers signes du problème qui suivra arrivent à peu près à ce moment, entre la 2e et la 3e longueur. Mon maillot, dix ans d’âge, commence à dangereusement se détendre sur les fesses. Rien de grave tant que je suis dans l’eau, je me dis, personne en vue ne porte de lunettes de plongée. Mais voilà, parfois, en une après-midi de piscine, il faut sortir de l’eau. Pour faire pipi par exemple.  Donc soit, sortons. Je ne risque pas une amende pour attentat à la pudeur simplement parce que mes fesses dépassent un peu, si ? je sors, donc, et regrette mon geste presque aussitôt. Si j’avais pu percevoir la lâcheté de la zone arrière, je n’avais pas soupçonné la déficience de l’élasticité au niveau du ventre et de la poitrine (du maillot, évidemment, voyons !). Note à moi-même : après 10 ans de bons et loyaux services, pour un maillot de bain, il y  a prescription. Le tout pendouille donc, ne remplissant plus du tout sa fonction de maintient de l’ordre et de la morale. Un plan est alors mis en place, pour sauver mon honneur et ma vertu. Soeurette, dont le maillot est intact et de toute beauté, sort de l’eau en premier, court chercher la serviette, et me la rapporte pour réduire au maximum la durée d’exposition de mon corps indécemment peu couvert.  Je limite donc mes déplacements hors milieu aquatique au minimum nécessaire : toilettes, bassin à bulles, récuperage de serviette. Le tout en courant autant que faire se peut. Le monsieur qui surveille la piscine (toujours le même depuis que j’ai 5 ans) me lance des regards noirs, serrant les dents pour ne pas se laisser aller au plaisir d’hurler sa phrase favorite –on ne court pas sur les bords de la pisciiiiine c’est dangeeeereeeeeux…Nostalgie quand tu nous tiens…Mais soyons honnêtes, si j’y pense maintenant je peux assurer que j’avais bien autre chose dans la tête sur le moment. Guetter les allées et venues dans le bassin pour choisir le moment opportun pour en sortir,par exemple.
    En tout cas les enfants braillards et hurlant à la mort étaient là, en petit nombre certes, mais compensaient ce handicap de toutes les façons qu’ils le pouvaient. Certains d’entres eux avaient 19 ans et une moustache, ça aide pour récupérer les ballons (ah, les joies des piscines de campagne). Note pour plus tard : acheter un maillot de sport, voire le prendre une taille trop petite. On est jamais assez prudente avec ce genre de choses.

Publié dans blabla de fille

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Krishnouille 11/03/2008 15:44

J'en connais un qui aurais de quoi allonger son sketch en 3D
Bravo!!!
Krishnouille

Tom "WDF" Gee 02/03/2008 15:33

Ah les journées piscine.... J'aime bien l'anecdote du surveillant... C'est là que tu te rend compte qu'ils peuvent travailler partout. Tant qu'il y a de l'eau, du carrelage et des gens pour pouvoir dire : "On n'cours pas au bord du bassiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnn ". P'tete même qu'ils sont payé au nombre de fois qu'il sortent cette phrase... A murir comme réflexion. Et sinon c'est vrai aussi que les effectif ne se renouvelle pas très souvent dans les piscines: moi aussi dans mon bled, les surveillant de baignades sont toujours les memes depuis l'époque où on était tout gamins.

jej 25/02/2008 23:17

Voila ce qui arrive après l'avoir délaissé depuis tant d'années; t aurais pu appeler ça la vengeance du maillot de bain!(interdit au moins de 16ans ,bien sur!) Mais c'est déjà un bel exploit d'avoir réussi a le remettre , peu de filles peuvent en faire autant malheureusement...