film de cul

Publié le par marie.r

   
INT. Jour, magasin de vêtements
Personnages : Moi, des jeans, l'enfer de la mode
Problématique : Le prix fait-il les belles fesses?

    La grande majorité des trois jeans de ma penderie se sont récemment mis à faire des aérations à des endroits qu’il n’est décemment pas possible d’aérer en pleine journée. De ce fait je me suis retrouvée dans la nécessité de renouveler cette partie de ma garde-robe. Direction les magasins habituels, suédois en premier, espagnol en deuxième. Je me lance dans une introspection profonde des rayons jeans et pantalons (et pulls et chaussures et t-shirts et débardeurs et chemises et vestes et shorts et collants et jupes et robes et sous-vêtements et bottes et écharpes et chapeaux et casquettes et sacs). Farfouille, farfouille…’tain mais y’a que des slims, je croyais qu’on passait au flare ce printemps ! Farfouille, farfouille…mais c’est quoi cette taille ? Farfouille, farfouille… on est rayon homme là ?! Ca veut dire quoi 32/34 ??… Farfouille, farfouille…incroyable, je peux mettre trois fois mes fesses dans cette jambe…Farfouille farfouille… j’ai des grosses feeeesses dans ce magasin ! Farfouille, farfouille…
    Je me décide, après moult déceptions, à passer du côté obscur de la carte bleue. Je me rends, le porte feuille culpabilisant, le banquier grondant, vers un magasin où les prix à deux chiffres deviennent exception nationale, l’œil brillant et les mains tremblotantes face à tant de beauté. Je me dis naïvement que les personnes se proclamant propriétaires d’un jean fétiche affichent en général une petite étiquette rouge collée sur la poche arrière, louant le bonheur du  jean Livi’s indémodable et toujours merveilleux présentoir à jolies fesses. Soit, allons voir chez Livi’s. Les prix frôlent de très prêt les trois chiffres (sans virgule au milieu), mais après tout c’est un investissement pour le bien de mon fondement, et à ce qu’il paraît ils sont increvables. Une sorte de plan épargne vêtement. Je me lance dans les essayages, cherchant en vain à éprouver cette étincelle magique qui nous fait dire que se sera lui, et lui seul, le jean de notre vie. Mais rien. Rien de rien . 90 balles le jean et pas moyen d’en trouver un seul qui convienne à mes petites fesses. Comme je suis sensée être dans le temple du client ravi, la cathédrale de la mode euphorique, je m’acharne un peu, farfouille encore, essaye, me rhabille, réessaye, me rhabille….Puis, par désespoir, abandonne là mes projets de bonheur vestimentaire parfait. Au moment même où je me détourne du rayon, je le vois. Lui, le jean parfait. La couleur parfaite. La coupe parfaite. Le parfait. Je me re-déshabille, l’enfile, l’aime, pleure un peu de bonheur, questionne pour la forme (ça va mes fesses ? Ca se voit pas que j’ai grossi ? C’est pas un peu serré ? si, si, je peux respirer..),  me rhabille, vais à la caisse, le paye (ouille), et m’en vais, des étoiles plein les yeux.
     Arrivée chez moi, je l’enfile sans enlever l’étiquette. Et me félicite aussitôt de cet éclair de bon sens. Le miroir de la cabine devait être allongeant, ou peut-être que les vendeuses diffusaient des huiles essentielles hallucinogènes, parce que le jean, ben il ne me va pas du tout si bien que ça. Je couine un peu (rôh meeeeerde-euh !), l’essaye avec tous les ticheurtes, tuniques, djellabas que contient mon armoire, dans l’espoir de trouver ne serait-ce qu’un seul haut permettant d’améliorer l’aspect général, mais rien ne convient. Mes fesses n'ont pas été fabriquées pour.
    Le lendemain, la mort dans l’âme, je m’en retourne au magasin. J’y crois encore un peu, alors je réessaye deux ou trois (ou quatre ou cinq ou dix, peu importe) modèles, ne trouve toujours rien, et me le fait rembourser. Au résultat, je me tourne vers un magasin plus classique, où je dégote deux jean merveilleusement bien coupés, les deux pour le même prix que l’autre tout seul. Je crois qu’il y a une morale là-dessous, je vais y réfléchir…

Publié dans blabla de fille

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cristina 16/03/2008 08:43

Je me re-déshabille, l’enfile, l’aime, pleure un peu de bonheur, questionne pour la forme (ça va mes fesses ? Ca se voit pas que j’ai grossi ? C’est pas un peu serré ? si, si, je peux respirer..), me rhabille, vais à la caisse, le paye (ouille), et m’en vais, des étoiles plein les yeux.

Tres jolie!

krishnouille 12/03/2008 13:01

A quand le bichonnage des jolies petites fesses? Il y a une petite frangine cousette, non????
Krischnouille

marie.r 11/03/2008 00:43

A qui le dis-tu, mystérieux Munch! merci pour la visite...

Munch 10/03/2008 15:38

Ce monde ne nous ressemble plus...