film de gangster moderne

Publié le par marie.r

Décidément, la vie est truffée d’idées de publications.

INT. Jour, apartement de gangsta-rappeur
Personnages : moi, mon gros appareil photo, des tas de gangsta rappeur pré-pubères

Problématique : Tout se perd, de nos jours ma ptite dame...

    Un de mes anciens collègue de restaurant, serveur gangsta rappeur de son actif, à fait appel à nous pour réaliser pour son ‘crew’ photos et  clip. Nous, c’est mon homme et moi. Mon homme, ça passe d’emblée. Oui, parce que c’est un homme. Et pour être honnête ce cher Ji à mis plus de quatre mois à bien vouloir accepter l’idée qu’une femme (moi) mette le nez dans ses affaires. Quatre long mois de lutte féministe acharnée à  lui expliquer que non, je ne serais pas juste la secrétaire ou la cuisinière sur ce projet. Je prendrai certaines choses importantes en main, comme une caméra ou un appareil photo. Oui, je sais comment ça marche. Non, je ne fais pas ces années d’études pour rien. Oui, en Master, c’est ça. D’ailleurs je sais même pas faire la cuisine, autant que je m’occupe des photos plutôt non ?
    La chose étant A PEU PRET acceptée, le travail se met en marche. Et cette après midi, étant donné que le premières photos que j’avais faite de lui seul avaient convenu à son esprit machiste une pointe étriquée, il me rappelle pour faire les portraits des autres membres de son ‘crew’. Je suis forte, même pas peur, j’accepte. Je prends donc mon gros appareil (ça fait masculin, ça, non ?), et mon gros pied. Je n’avais pas mes grosses lumières pour parfaire le tableau, mais je les rejoins. Ji me prévient, aujourd’hui, c’est juste les ‘petits’ de la bande.
    J’entre dans l’appartement, où sont tapis dans une pièce remplie de hip hop six ados gangsta, bob Vuiton vissé sur la tête et jogging Lacoste collé sur les fesses. –Salut ! (silence glacial). Ça commence bien. Moi, je suis plus grande qu’eux, je m’en fiche, non mais oh ils croient quoi ceux-là d’abord. Je ne pense pas que se soit l’effet qu’ils aient voulu produire, mais j’étais plus proche du fou rire que de la terreur. J’installe mon petit barda, visse mon gros appareil sur mon gros pied, rigole avec Ji dont le potentiel gangsta terrifiant s’est envolé il y a bien longtemps, au moment où il a commencé à danser la tektonik en passant devant mon bar avant d’essayer de rouler un patin à un autre de mes collègues. Je rigole avec lui, donc, commence quelques clichés de réglages lumière, et attend les jeunes pré pubères aux bras trop long et aux jambes molles. Les deux premiers se placent devant l’objectif : têtes de tueurs, fringues approximatives, photos réussies. Les suivants refont la même, puis l’on passe au deux plus anciens, Ji et…un autre. Les noms recomposés gangsta que l’on m’a asséné cet après midi ne me sont pas resté en tête, toutes mes excuses.
    C’est là que le plus drôle arrive. Les petits l’avaient déjà tenté, les grands récidivent : d’imposants doigts d’honneur envahissent mon objectif. Je me mords les lèvres, me voir rigoler de ça n’est pas dans l’esprit de l’équipe. Au deuxième cliché la donne change, j’ai droit au mime d’un tir de M16, foulard sur le nez. On atteint le sommet lorsque Ji, dont le sens de l’humour (on l’a vu plus tôt) est très exacerbé, cours joyeusement dans sa cuisine pour en ramener une bouteille d’un litre de Jack Daniel. Je demande, hilare, si il faut chercher un ou deux sachet de cocaïne pour compléter le tableau, mais visiblement ça n’a fait rire que moi. Je fais les photos, dont le résultat n’est mine de rien pas mal du tout, dans le genre, et tous viennent autour de moi pour les regarder. Je fais défiler les clichés, et demande si ça leur convient (oui, oui).
    Et c’est à ce moment que la phrase de la journée fuse, sortie de je ne sais quelle bouche imberbe et rosée : "franchement, pas mal, la femme !". Rajoutez vous-même l’accent en lisant cette phrase, un clavier d’ordinateur ne peut pas retranscrire toutes ces subtilités. Mais vous conviendrez aisément du fait que ces détails sont loin d’être les plus importants ! J’avoue ne pas avoir su quoi répondre immédiatement face à ces paroles qui ont anéanti en un seul coup 40 années de féminisme acharné et de revendication de l’égalité des sexes. Pas mal donc, comme boulot, pour une femme. J’en reste bouche bée.

Publié dans cinéma cinéma

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Booba est puceau 11/03/2008 17:33

C'est un grand honneur de leur prêter la moindre considération politique.

Krishnouille 11/03/2008 16:00

Il y aura toujours des situations dans lesquelles la femme devra s'auto congratuler face à des"pas mal". ce sont autant de pas en avant pour le bien de tous.
Krishnouille

marie.r 11/03/2008 00:40

merci mon petit Renaud tes commentaires font plaisir à lire surtout si c'est pour dire des choses comme ça...et oui le monde des gangstaz n'est plus ce qu'il était : il y a à peine quelques années ils m'auraient jeté des cailloux!

wayne 10/03/2008 20:09

Ouai...pas mal l'article...pour une femme...;)
Elle balance sec ma petite Marie, et elle a raison. je n'ai pas vu les photos mais je sais que tu fais du très bon travail de ce coté là.
Histoire de conclure, je lis ton article, heureux de constater que les principes du gangsta sont toujours d'actualité mais je suis attristé de voir qu'ils sont totalement galvaudés.