poisson d'avril

Publié le par marie!

EXT/INT. Jour, chez moi puis dans le restaurant de mes week-end
Personnages : Moi, une voiture qui pollue peut-être, des cuisiniers toujours très drôles et un petit tablier blanc
Problématique : Le 1er Avril est-il une fatalité?

    La tradition de la bonne blague du poisson d’avril est tellement ancrée dans les mœurs, que mêmes le hasard s’y met. C’est bizarrement souvent ce jour que des événements pas possibles choisissent de pointer leur nez. Pas le 31 mars, trop passe-partout, pas le 2 avril, tellement banal. Non, le 1er avril tout pile. Exemple : aujourd’hui (premier avril, vous l’aurez deviné donc), coup de téléphone annonçant sans plus de ménagement que la titine, en plus d’avoir à passer son contrôle technique d’ici peu, doit également aller se faire vérifier ses petites injections pour ne pas trop rejeter de vilains gaz toxiques dans l’atmosphère.
    Oui parce que la titine n’est pas une voiture comme toutes ces autres voitures. Elle est un u-ti-li-taire. Ça ne se voit pas de l’extérieur, ce détail se cache dans son cœur, dans son âme, dans ses papiers. Comme ces personnes normales de l’extérieur mais tellement riches et pleines de surprises à l’intérieur, titine cache des trésors. Comme cette nécessité absolue de faire vérifier ses injections en plus du contrôle technique. Parce qu’elle est exceptionnelle. Parce qu’elle est unique. Parce qu’elle est elle.
    Soit, passons vérifier les injections. Mais, (il y a un mais), la bonne surprise du 1er avril, c’est qu’il faut le faire avant le 4 avril. Ce qui induit de la faire manger une bonne vingtaine de kilomètres de macadam pour la décrasser, de lui mettre du petit produit dans son réservoir d’essence, et de lui refaire faire quelques petits kilomètres avec son petit produit dans le dedans, puis de l’amener (vendredi 14h45 précis), chez le gentil monsieur qui tiendra alors son avenir entre ses clefs à mollettes. La bonne blague.

    L’autre bonne blague, c’était pour le boulot. Je suis accessoirement barmaid le week-end. Barmaid. Et là, 11h23, autre coup de téléphone, du patron, supputant explicitement qu’il aurait besoin de mes talents (ahem…) pour ce soir. Sauf qu’il a dû confondre, ou fumer, ou boire, ou manquer de sommeil…Parce que là, ce qu’il m’a proposé, c’est de me recoltiner cet enfer déjà vécu auparavant, ces longs moments de solitude face à une vingtaine (centaine ?) de poêles, ces moments de désemparement face aux blagues surréalistes d’une poignée de cuisiniers ( « woh Marie, si tu savayy… »), de haut-le-coeur face aux odeurs de poissons cru, de scepticisme face à la probabilité que ce sang de brochette ne parte plus jamais de sur mes doigts. Il m’a collée à…la plonge. Arf. La bonne blague.
    J’ai accepté (money-money-moneeeey, could be funnny, on a rich men’s wooorld), j’ai été, j’ai regretté. J’ai eu les blagues, le poisson, les brochettes à enfiler (oignon, barback, poivron, barback, oignon, barback…), les 25 poêles à laver parce qu’elles ont de la rouille, et que dès que tu as fini, ben elles en ont de nouveau….la bonne blague, encore. Le tout accompagné du costume de soubrette adapté aux circonstances : petit tablier blanc. Appelez- moi Pamela.

Le premier avril, un jour comme les autres… ? Peut-être que oui, finalement. Y’a des moments où la vie est une grosse blague.

Plus ou moins bonne, d’ailleurs.

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orely 02/04/2008 22:27

ha j'ai connu ca aussi ... comme si dejà barmaid c'etait pas epuisant pour se taper les piles d'assiettes lourde comme de la vache et les planches a decouper gorgées de sang !!!

de la part d 'une ancienne (oui j'en suis sortie , on peut le faire) bon courage

PS : j'ai adoré le "who marie si tu savaaaais "

marie! 02/04/2008 19:13

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