sexy dance

Publié le par marie!

Ou moi vivant douloureusement ma vie 8 cm plus haut.

EXT. Jour, Nancy
Personnages principaux : Moi, Soeurette, mes bottines chéries, des pavés.
Problématique : les souffrances plantaires sont-elles une fatalité?


    Pour un brin de monnaie, je me suis octroyé le plaisir futile mais délicat d’une paire de chaussure à talon, sur ebay. Oui monsieur, ebay. Parce que dans la vraie vie, les bottes à talon coûtent plutôt une bonne branche de billets. Ne disposant concrètement pas d’une forêt de flouz à dépenser, je me suis rabattue avec un contentement non dissimulé sur ce merveilleux univers parallèle qu’est ebay.  Comme je n’impose que très rarement les talons de plus de 2 centimètres à mes petons délicats, et que ceux qu’on est sur le point de me coliposter frôlent le nombre de sept par pied, je me suis décidée à ressortir le temps d’une ballade improvisée avec soeurette mes escabeaux d’hiver. Charmants escabeaux, cela va sans dire.  Mais flirtant avec les 8 centimètres tout de même.
   Faisant quelque prompt calcul dans ma tête, j’en conclue que l’aller-retour nécessité pour la course à faire ne dépasse pas de beaucoup le kilomètre, en ligne droite, sans gravillon et sans excéder les trois bouches d’égouts ajourées. Faisable par mes huit centimètres de talons, par mes mollets peut entraînés à l’exercice, et par mon sens de l’équilibre naissant. Sure de mon choix et de mes capacités en la matière, j’enfile et fait fonctionner ces chaussures trop rarement dépoussiérées. Histoire de s’entraîner avant l’arrivée de mes nouvelles merveilles, que je ne pourrai décemment pas laisser en dépôt à mon placard.
    Pour mon plus grand malheur, celui de mes pieds et de tout le reste aussi (voir quatre lignes plus haut), le but escompté lors de la délicate prise de décision d’enfiler ces instruments de tortures s’éloigne au fur et à mesure que je m’en rapproche. Aucune lumière ne clignote, pas de hurlements démentiels, pas d’odeur de churros au nutella, pas de fumet de brochettes de porc grillées…la foire est fermée. Voilà voilà.
Aïe.
( Et non, je ne voulais pas aller à la foire en talon, juste trouver du nougat et de la guimauve, que les choses soient claires. )

    Comme ces satanés nougats étaient une sorte de nécessité à la continuité de la journée, soeurette et moi-même ne voyons d’autres solutions que celle de poursuivre sur notre folle lancée (surtout folle pour moi, hein, 8 centimètres sous chaque pied tout de même), et rechercher par d’autres moyens à trouver ce que nous quêtions. Ajoutons donc rapidement un autre kilomètre à mes approximations. Cela donne donc deux kilomètres en tout, pas la mer à boire m’ânonneront certains. Ajoutons alors le critère suivant : 2/3 du parcours se trouvent jonchés de pavés de tailles divergentes et à devers insistants.
Aïe.
    Mais je suis fière moi madame, je suis noble moi, je suis forte et je suis une fille. Les filles, à ce qu’on m’a dit (m’aurait-on menti ?) sont faites pour ça. Les filles galopent sur des talons à longueur de journée, chevauchent la vie du haut de leur 10 centimètres d’artifices en affichant un sourire même pas crispé. Les filles ont même pas mal, même quand elles portent ces chaussures ridicules dans lesquelles il n’y a pas de place pour rentrer toute la famille orteil.
Bien, on m’a menti.
    Parce que moi, là, j’essayais plus de sourire, même crispé. Parce que j’avais les pieds en feu. Pire que les pieds en feu : j’étais la petite sirène, avec son histoire d’aiguilles et compagnie. J’étais la femme de la pub pour les ‘shopping and dancing de Sholl’. J’étais les danseurs du clip de Duffy. Je mourais des pieds. Par immolation. C’était comme dans un de ces manèges qui ne vous rendent malade que quand ils s’arrêtent : si je cessais de marcher, mes pieds s’enflammaient. J’étais en quelque sorte contrainte d’avancer sans jamais m’arrêter, sautillant d’un pied à l’autre à chaque feu rouge, ne restant pas plus d’un quart de seconde à plat sur chaque pied, tout en sachant que chaque pas supplémentaire ne ferait qu’aggraver la situation une fois l’arrêt définitif de la machine à s’esquinter la plante des pieds. C’est en courant cahin-caha dans les escaliers escarpés que j’arrivais à mon chez moi, sous l’œil hilare et dubitatif d’une soeurette bien à plat dans ses doc’s.

À l’heure où j’écris ce papier, mes pauvres pieds crient encore à la trahison.

    De deux choses l’une : soit toutes ces conneries dont on m’a abasourdi l’ego et l’envie sont définitivement  obsolètes et désuètes : une fille peut être une fille sans talons (ah bon ??tiens donc…), soit je trouverai un moyen de contenter de toutes les façons possibles cette envie de haut perchage par un entraînement intensif de talon. À moi les sommets vertigineux des chaussures ! Oui, bon, 7 centimètres, d’accord.

Publié dans blabla de fille

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marie! 12/04/2008 12:06

HA! Même toi tu te fais plaisir à mettre des talons! Tu vois, on est programmées pour avoir envie de ça! C'est une conspiration! Scandale!
Mais oui, bien sû qu'on est féminine même sans talon, j'étais évidement ironique soeurette... Pis pour les bottes je les aime déjà d'amour.
Bisous Lolotte, ma aussi j't'aime

Soeurette! 11/04/2008 18:05

AAh pauvre Soeur!
Que de malheurs...
Je tenais à préciser que oui, une fille peut rester une fille même si elle ne se perche pas sur quelques centimètres de talons.
Regarde, moi, des talons, hors de question, (Ok, sauf exceptions mais chut!) et pourtant, je reste une fille ( on m'enlève la casquette, on me détache les cheveux, on change toute la garde-robe, on me ré-apprend à parler correctement, à ne pas rôter dans les restaurants et on y est presque! huhu)
Mais bon tant que je ne choisit pas la chirurgie, y'aura toujours un espoir que je sois plutôt féminine que masculine.. ( enfin je crois )
Sur ce, j'éspère que tes superbes bottes auxquelles tu aura accorder tant d'énergie, sont arrivées a bon port, et que lundi tu pourras venir nous les présentées recouvrant tes pauvres petits peutons meurtris... ^^
bisous soeurette, merci pour tout! et pis ben je t'aime! = D