sweet sixteen

Publié le par marie!

EXT, Jour, partout, dans ton collège et ton lycée               
Personnages : toi, ton acnée, plein d’autres gens comme toi
Problématique : On était fous ou bien ?


    Toi tu es là, tranquillement, à gribouiller des phrases trop longues en les ânonnant à voix basses pour être sûre de garder le fil de tes pensées. Tu repenses qu’il y encore pas trop longtemps, quand tu voulais écrire un truc, t’avais une feuille et un stylo. Là tu as un écran et un futur mal d’yeux. Tu te dis que t’as toujours un peu écrit, c’est bien ça, et petit à petit, comme ça, tu te mets à te souvenirs de choses que peut être il valait mieux pas. 

    Tu te rappelles que t’étais au collège, et qu’à cette époque t’avais eu du pot. Tous tes potes se trimballaient tout penauds avec des rails de chemin de fer collé entre les lèvres. Toi pas. C’est déjà ça. C’est pas passé loin pourtant, tu te souviens, le reste de ta tribu n’y a pas échappé. Mais si toi, maintenant, tu fanfaronnes ton miraculeux sursis dentaire, tu ne tardes pas à te remémorer la sensation bizarre quand tu roulais tes premiers patins à tes premiers copains, qui eux n’étaient pas passé entre les mailles du filet. D’ailleurs tous tes copains s’appelaient Steve, Kevin, parce que les années 80 n’étaient pas si loin, et puis en y repensant, tu commences à penser que cet acharnement sur cette décennie maudite est injustifié : les années 90 font preuve du même manque du réalisme et de bon goût. Tu te le notes pour la prochaine fois que t’en parles avec des amis.
    Tu te rappelles que comme ça, sans honte, alors que ta timidité était encore ton principal signe distinctif, t’avais décidé de porter des plateforme shoes. Les grands jours, avec un bob. Passons. Des plateformes shoes, donc. Oranges. Aujourd’hui en y repensant ça te fais le même effet que si tu devais te balader avec des oreilles de Mickey. Tu les mettais, et tu comprenais pas pourquoi ta maman te moquait gentiment. Toi tu te trimballais déjà une hauteur de 1,70m peut assurée, mais tu rajoutais vaillamment 6cm de plastique orange. Du coup, comme les autres ados que tu côtoyais étaient globalement tous restés sur leur 1,60m, t’avais l’air bizarre avec ton amoureux.
    Dans la même période, t’écoutais les Spice Girls avec la foi d’une punkette face à un skud original de Nirvana, en écrivant des mots d’amour à Raoul, David, Yves et Thomas. Tu les balançais en classe, ils te répondaient parfois, une copine allait les voir à la récré pour leur parler de toi plus en profondeur. –Tu veux sortir avec Marie ?. Comme ça c’était encore pire que la honte d’aller le voir après parce que de 1 t’avais pas eu le cran de régler tes histoire d’hormones toute seule, de 2 lui de son côté avait bien eu le temps d’aller en parler à tous ses potes. Oui oui, ceux là-bas au fond de la cour qui se bidonnent comme des hyènes pendant que tu avances telle une condamnée vers l’échafaud pour traverser la zone de tir qu’est devenue la cour de ton collège.
    À cette époque, ta témérité inconsciente et quelque peu dissolue t’avait même poussée à aller voir une conseillère d’orientation hallucinée pour lui parler le plus sérieusement du monde des études à envisager pour devenir chanteuse professionnelle. Ses réponses peu probantes et ses yeux de poissons face à toute ton innocence ne t’ont pas débinée, tu le veux toujours aujourd’hui. Seulement t’as compris le truc, tu le dis pas. Ça t’évite d’avoir l’air con parfois.
    Tu te dis que c’est comme ça qu’on à tous dû grandir, sans trop s’en rendre compte. Entre deux anniv’ fêté sous le préau à coup de capotes et de tampax, entre deux gorgées de Déspé et trois crapotage de Malboro à la pêche. Entre quelques soirées sous la tente à faire des nuits blanches, à manger des esquimaux glacés aux aurores sans se rendre compte que ça fera les meilleurs souvenirs des petits vieux qu’on deviendra. Et puis peut être qu’après tout il faut passer par les chaussures oranges et les copains aux dents électrifiées, par les amours bêtes et les goûts musicaux peu cautionnables pour s’en sortir convenablement 20 ans passés. Sinon qu’est-ce que tu aurais à raconter ??

    Tu proposes que le premier qui n’a pas eu à assumer rétrospectivement des conneries grosses comme les tiennes te lance la pierre.


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Publié dans états d'âme...

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marie! 06/05/2008 10:46

Eh, Julie, certes tu n'es pas passée au travers des mailles du terrible filet de l'adolescence (écueil de notre civilisation moderne, c'est bien connu), mais maintenant tu te trimballes un ma-gni-fi-que sourire de toute beauté. Héhé...Je crois que nous avons la même période de nostalgie, en même temps! J'veux pas avoir 23 aaaaaaaans bouhouhou snirf!!
Seb, je comprend que tu aies la présence d'esprit de ne pas aduler cette période maudite entres toutes. Le lycée c'était 'achement mieux, et même maintenant c'est encore plus 'achement mieux...Mais il faut avoir de la tendresse profonde pour les courageuses crevettes aux bras trop longs que nous étions à l'époque. Elles méritent au moins ça, vu ce qu'elles ont enduré...
Mr Frédérik, visiblement wannabe scénariste (oui, je suis allée farfouillée sur ton site, je sais tout...), ravie de ta visite par ici, tu reviens quand tu veux!Mais dis donc, ton commentaire ne serait-il pas un doigt moqueur??

sebastanov 04/05/2008 11:30

Alors c'est marrant, mais moi je ne suis pas du tout nostalgique de cette epoque... Je sais pas pourquoi d'ailleur...

julie 03/05/2008 15:49

Bravo je n'ai qu'une chose a dire bravo .Cet article arrive au moment ou la nostalgie me prend !!Que la vie est belle meme si moi je ne suis pas passée entre les mailles du filet!!!Que de bons souvenirs et de mauvais qui font désormais rire!!Cruelle époque mais on ne s'empeche jamais de dire "c'était mieux avant!!!"
Bisous Marie et a bientot parce que tu me manques

Frédérik 01/05/2008 23:13

Effectivement, c'est plus simple ;)