lost highway

Publié le par marie!

EXT. Jour, sur une voie rapide
Personnages : moi et mon neurone fatigué
Problématique : Rien ne va plus!


    Vous noterez tout d’abord avec délectation  quelle petite poufiasserie que je vous ai collé là en haut à droite. Quelle petite délicatesserie toute féminine, quelle petite mignonnerie niaiseuse que je n’ai pas résisté à coller dans le coin.
    Allez-y, prenez un instant, vraiment !

    Ça y est ? Vous vous sentez tout niaiseux ? Cette petite chose pailletée est la preuve de mon INTENSE implication dans mon mémoire, et de mon indécente rentabilité derrière mon ordinateur. On cherche des avatars pour des forums bêtes et inutiles, on trouve des sites tout autant bêtes et inutiles où qu’il faut habiller des pitits personnages, on passe par les South Park, pis on finit par tomber sur des trucs à paillettes et on ne résiste pas…Oui, je sais, c’est moche, c’est vilain. Mais comme c’est chez moi, ici, je vous l’impose tout de même une bonne semaine.

    Ça c’est fait.

    Mais là n’est pas la question du jour. Aujourd’hui (toujours à la place de mon mémoire, je précise), je tiens à faire des excuses publiques. Des excuses envers toutes les femmes qui se sont battues pendant des années pour l’égalité envers les hommes, pour toutes les féministes qui se sont arrachées du joug masculin en clamant haut et fort qu’elles étaient capables de tout. Pardon.

    J’ai passé l’après-midi sur le bas coté d’une voie rapide, à faire l’hotesse de l’air pour dévier les voitures de la voie d’accélération sur laquelle la mienne (de voiture) gisait. Vous vous dites comment, mais comment donc cela se fait-il? Je m’en vais vous le conter, mais alors c’est bien parce que je vous fais confiance et que je sais que jamais vous ne me moqueriez.

    Après une très courte nuit de sommeil, je me mets piteusement en route vers le lieu de mon stage, à l’extérieur de la ville. C’est là que, ô ciel, je remarque que je n’ai presque plus d’essence. Que cela ne tienne (castnagntienne), je m’en vais gaiement à la pompe.
    Arrivée sur place, je passe deux ou trois coups de fil très énervés, dû au fait que ce fichu réservoir s’acharne à me résister. Depuis 1 an que je le connais, il refuse toujours de se dévisser quand je veux le remplir. Bref, je suis énervouillée, je dirais, et très en retard aussi.
    Je remplis le réservoir, généreusement, je ne suis pas rancunière.
    Ma journée se poursuit, plutôt bien d’ailleurs. Je repars au moment de ma pause, rentrer me délasser un peu.

    C’est rien de le dire.

  C’est ma voiture qui s’est délassée en premier, je dois avouer. 200 m plus loin, juste au bout de la voie d’accélération d’une voie rapide. Mais alors elle se délasse tout net, hein, deux trois broutement et puis plus rien, comme ça. C’est là que, dans un éclair de clairvoyance, après avoir envisagé une panne gravissime et glorifiante pour moi, qui serait alors pauvre victime d’une mécanique implacable, je réalise avoir rempli le réservoir……

    D’essence.

    (c’est un diesel)

    Voilà voilà.

    J’appelle le propriétaire de la voiture (oui, si ça avait été moi, ç’aurait été moins drôle), crie un peu contre mon neurone connecté du jour, l’imbécile, et essaye même d’en rire, avant de me rendre compte que toutes les voitures autour vont vachement vite quand même.
    Là, posée sur le terre-plein du bord de la route, tel un de ces petits chien abandonnés lors des vacances, j’ai attendu deux heures. Lorsque la circulation s’est densifiée, j’ai même fait l’hôtesse de l’air pour dévier les voitures prêtes à emboutir la mienne. Seule, abandonnée, j’étais.  Les petits vieux pas très futés klaxonnaient en pensant que, greluche que je dois être, je m’étais arrêtée là pour passer des coups de fils. Nombre de jeunes blaireaux klaxonnaient en faisant coucou (oui ! coucou, c’est ça les garçons ! c’est bien !), et une grande majorité des autres me regardait avec un air courrouçé en déviant leur trajectoire. En deux heures, et  quelques bonnes 2000 voitures, trois se sont arrêtées. Bel exemple, n’est-ce pas ?
    Au bout d’une bonne heure, voire heure et demie, -mes souvenirs se brouillent, mon amoureux et propriétaire de la voiture ainsi qu’un ami possédant une barre de remorquage arrivent.
    40 minutes plus tard, le dépanneur arrive. Ay., qui malgré le dérangement fait bonne figure, fait des danses du ventre expérimentales en secouant son  gilet fluorescent sur son corps ondulant. Bizarrement plus personne ne klaxonne.
    Jusque-là, tout va mieux. Je ne suis plus toute seule, le garagiste ne me fait pas l’affront de m’adresser la parole, les voitures ne klaxonnent plus, l’amoureux grimpe dans la dépanneuse en me disant « à toute à l’heure, je te rejoins à la maison ! ».
    Ok.
    Soit.

    La dépanneuse s’en va au loin, et je réalise que….Ay. aussi est partit.

    Un petit chien errant, vous dis-je.

   C’est au bout de 5 bonnes minutes que l’amoureux, du haut de sa dépanneuse, réalise qu’il est possible que je sois restée au bord de la route, là, dans l’herbe, avec mes crampes au bras et mon gilet fluo.

    C’est au bout de 5 autres minutes qu’Ay. réalise qu’en effet, il devra peut-être revenir me chercher.

    J’avoue m’être sentie un peu seule, cette après-midi là. Qui a dit bien fait pour moi ?

    Pour que vous compreniez l’immense étendue de mon autodérision, je vous mettrai la vidéo moqueuse qui a été prise comme preuve de mon désarroi.





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