good byyyyye my lover, goodbyyyye my friieeeheend

Publié le par marie!

EXT. Jour, ici.
Personnages : moi
Problématique : Ça commence un peu à faire peur.



Il semblerait que ça se rapproche, et il semblerait que je commence à moins faire ma maligne.

Il semblerait... Il semblerait que dans moins d'un mois maintenant, je partirai en Exotie Proche, alors qu'il semblerait que je n'ai toujours pas de maison là-bas.

Mais pour aujourd'hui, c'est d'ici que je cause. Parce que ça fait quatre ans maintenant, et si quatre ans ça parait n'être rien, ça ne l'est pas. Rien, je veux dire. On se comprend.


Quand on part de chez ses parents, c'est une étape. Mais une étape presque réconfortante. On s'envole, on suit son petit chemin, on apprend à renvoyer ses TIP LiveBux à temps (ou pas), à remplir ses fiches d'imposition (ou pas), à gérer sa chaudière qui semble vouloir faire friteuse (ou pas). On découvre une autre ville, fait le tour de toutes ses rues, découvre les endroits qu'on aime et ceux qu'on aime pas, des personnes qu'on aime aussi, et d'autres qu'on aime pas. Mais on sait que si ça fait trop peur, que si on aime plus, que si on veut rester petit encore un peu, on rentre. Si la chambre chez les parents n'est plus tout à fait la même, si les affaires ont été déplacées, c'est encore un peu chez soi.


Mais quand on part de chez soi. Son chez soi. C'est pas pareil. Même si moi, c'était pas vraiment un vrai chez moi. C'était un chez moi à 350 euros par mois. Un chez moi tout petit, où certains cartons ont mis deux ans à se faire déballer. Mais c'était chez moi quand même. Parce que j'habite nulle part sans que ça ne devienne chez moi. Je suis sûre que même dans un 9m2, j'aurai réussi à faire rentrer ma maison et à m'y sentir comme chez moi.

Je quitte la ville donc. Quatre ans, c'était juste bien. Pour une ville de cette taille. Non pas que j'aie tout vu, loin de là. Il en reste toujours, de ces petits coins qui font plaisir à marcher, à boire des cafés. Mais j'en ai assez de passer par les rues que je connais, celles par lesquelles il faudrait passer encore et encore pour rejoindre les endroits qu'on neconnaît pas. C'est aussi simple que ça. Alors oui, quatre ans c'est juste bien.

Mais je fais moins ma maligne, donc. Parce que les amis du lycée n'ont pas été difficiles à quitter. A cette époque on y croyait encore, aux amis qui se voient toujours des années après. Mais les kilomètres font qu'en fait non. Pas du tout. Ou très peu, très rarement. Là, maintenant, on sait qu'il y en a forcément qui resteront, qu'on reverra avec plaisir. Mais on sait aussi que bon nombre d'entre eux resteront des copains de la fac , et ces amitiés ne sont pas de celles qui se transposent à la vie active, à la vie ailleurs. On espère encore, mais avec un pincement au coeur.

Je fais moins ma maligne, encore. Parce que si d'aucun me diront que c'est Erasmus, que c'est facile, que c'est encadré, moi je dis que la ville est grande, que j'ai hâte de la découvrir, mais que je vais tout laisser ici, et que c'est même pas complètement sûr que je revienne. Dans quelques temps, une année ou plus, en revenant pour vivre ou pour visiter, les rues d'ici ne seront plus celles que je vis, mais celles dans lesquelles j'ai des souvenirs. Et une fois encore, ça change tout.  Ça ne sera plus normal, ça sera presque émouvant.

Comme je suis rien qu'un petit tas d'émotion et de pathos, depuis deux bonnes semaines dès que je me promène en ville je fais comme une condamnée. Du genre *larme à l'oeil* "c'est peut être la dernière fois que je fais ce trajet, alors que moi je l'aime bien ce trajet" ou encore *pointe d'émotion tremblotante* "elle est super jolie cette rue, j'aime bien quand même, peut-être j'y marcherai plus maintenant". Je m'auto-émeus en quelques sortes. Hier soir par exemple je vais au restaurant pour *menton tremblotant* la dernière fois avec un collègue du boulot qu'avec qui quand on sort on se pète le bide et on se rempli de digestifs d'une puissance de force pure parce qu'il connait tout le monde alors on a des trucs gratos mange vachement bien et on boit d'exquises substances qui piquent la gorge. Ben j'étais presque toute tourneboulée. Alors pour fêter ça j'ai fais honneur à la cuisine. Je suis polie.

Je me niaise, complètement.

Si je suis en forme, je ferais un billet niaiseux encore sur l'amûur que je porte à la ville que je quitte. Ceux qui passeront verseront des larmes d'émotion.

Publié dans marie va en Exotie

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l'australien 10/08/2008 11:31

en meme temps tu pars pour la plus belle ville du monde, chanceuse, je t'envie... bon j'espere que ca va hein, comment s'est passe cette fin d'annee?? je t'embrasse tres fort, j'en profite pour lacher une cassdedi a Ilan et a tout bientot

ps: je suis confus, j'aurais meme pas eu le temps de t'envoyer une carte postale dans ce sublime appart nanceen, c'est vrai qu'il etait bien, cosi certes mais c'est mieux pour les rapprochements amicaux autour d'un Mario Kart (et d'un petit verre aussi bien sur)

ps2: tres bien le blog, on sent la fine plume creatrice

marie! 10/08/2008 12:10


waaa premier commentaire venu du bout du monde! Ravie de te voir par ici Guilou! Je passerai ta cassdédi à Ilan qui barbote probablement à cette heure-ci dans la petite piscine de ses parents en
sirotant de doux breuvages, se préparant de façon optimale à notre départ...Pendant que je fais les cartons. La vie est cruelle. Je te fais des bisous!

Eh, tu es biensûr le bienvenu à barcelouuuna quand tu reviendras de Fort Fort Lointain...


sebastanov 06/08/2008 13:48

Je me permets de dire que si on veut revoir les gens de la "fac", il suffit de prendre un titre de transport de temps en temps et de creer des occasions. Pas des occasions ou on se rappelle comment c'etait avant, mais des occasions ou on refabrique des souvenirs chouettes. C'est tres simple a faire et ca marche, j'habite presque loin de mes potes, pourtant ils sont tres près. Juste parce que de temps en temps, paf l'envie de les voir est là, et que les billets ca se trouve sur internet. Il faut juste se donner la peine. Tout ca pour te dire qu il faut pas s'inquieter.
Par contre je pensais pas qu on puisse avoir peur d'eprouver un manque pour la ville dont tu parles... Les gens oui, la ville...hum..?

julie 06/08/2008 10:31

Bouuuuhhhh tu vas me manquer très beaucoup Marie.Mais si, tu vas revenir bientôt parce que moi je t y oblige ok?
De toute façon tous les gens ils partent (m en fous moi aussi je partirai un jour (et toc!!!)

marie! 06/08/2008 11:15


Toi aussi tu vas me manqueeeeer! et dit la semaine prochaine tu viendras chez moi pour la dernière fois? On fera des cartons en pleurant sur mon départ si ça te dit! pis chuis toute seule en plus,
on pourra faire n'im-po-rte-qwa.


orely 05/08/2008 22:32

si j'avais pas une aversion pour James Blunt et bien tu m'aurais tirer une larmichette dis donc !

marie! 06/08/2008 11:12


bon, je te l'accorde, le titre est un peu malvenu. On ne se rend parfois pas compte des conséquences en utilisant un simple petit extrait trainant innocement au fond de notre tête. Maintenant même
moi quand je relis ça m'éneeeeeerve! en plus ça reste en tête cette saleté!?!