hola, me lliama Marie

Publié le par marie!



Je suis sdf, MAIS à barcelone.(et je ne trouve plus ma police, cause que je suis pas sur mon ordinateur, mais c'est une autre histoire)

 

Voilà pour l’introduction dramatique. En fait ça va plutôt pas mal, c’est juste désespérant une fois 18 heures passé, quand il s’agit de se demander où c’est qu’on va bien pouvoir dormir. C’est qu’il eu mieux fallu que j’eusse trouvé un appartement avant d’arriver, ma foi.

 

Mais revenons-en à la diégèse de mon Exode.

C’est tellement plus beau dit comme ça que « voyage à Barcelone ».

 

Le trajet pour arriver en Exotie a été plutôt long, mais tout est relatif considérant qu’on est quand même pas au japon, hein. Mais c’était long quand même. Une fois sur Barcelone, la première étape a été de sortir de la gare. Je vous jure que c’était pas facile. On était comme encerclés de bornes de ticket pour métro, alors que nous on ne voulait pas du tout prendre le métro. Juste sortir. Bref, arrivée pas très reluisante. Un bon quart d’heure de perdu. (Ouais ben rigole, rigole, vas-y pis tu verras. Non mais.)

 

Pour le dépaysement, dès le départ, c’était plutôt compromis : autour de nous ça parle français, anglais, espagnol forcément (quoi que), allemand, suédois, hollandais, italien…bref, on est dépaysés tout de même, mais de partout en même temps. Et trop de dépaysement tue le dépaysement visiblement. Mais c’est plutôt chouette, la Cosmopolitie. Quoi que tu veuilles, tu auras toujours un moyen de te faire comprendre.

 

Je cosmopolise donc pour obtenir des tickets de métro, je cosmopolise pour avoir de l’aide pour porter mon sac, je cosmopolise pour m’excuser (pardon, euh…perdono, euh…scuse me,euh…sorry).

On part cosmopoliser vers une auberge de jeunesse où ils ont mis des paillettes dans la peinture des murs. Une auberge de jeunesse hyper funky, avec de la musique funky toute la journée, et des gens funky à tous les étages. De ces gens funky qui boivent du whisky-coca dans des canettes. La chambre n’était, elle, pas super funky, mais il y avait un flap-flap au plafond, ce qui, pour le coup, dépaysait vachement. Je viens d’un pays où le flap-flap est rare.

 

Mais je suis sdf, je disais donc. Parce que les auberges de jeunesse ça va ça vient, et celle là ne nous voulait pas plus d’une nuit. Ou alors en dortoir de 20, ce qui posait problème vis à vis de nos sacs remplis de matériel un tantinet précieux et quand même ‘achement encombrant. Nos 40 kilos et nous-même sommes  donc partis en quête :

            1/ d’appartement

            2/ de dodo pour le soir

(les deux n’allant pas forcément ensemble)

 

Bagages en consigne à la gare, plan dans la poche, portable et numéros de téléphone d’appartement à alquiler dans la main ; on a bien dû marcher 4539 km. C’est au bout du 4485ème qu’on a commencé à chercher pour la nuit. Mais suite à un posage de lapin en règle, on a fini à l’hôtel. Et ça, c’était bien. D’autant plus que le contraste avec l’auberge de jeunesse était encore fraîchement faisable dans nos esprits. On est passé de lit superposés/tapis de poils pubiens dans la douche/traces de sang dûes aux mouches que le flap-flap éclatait contre le mur à large lit deux place/douche spacieuse avec savonnette offerte/ air conditionné. Pour 10 euros de plus la chambre. Je peux vous dire qu’il y a foutage de gueule dans l’air niveau auberge de jeunesse.

Mais pour remettre les choses à leur place, le lendemain au (royal) petit déjeuner où j’étais (peut-être) en train de m’empiffrer de Choucapicsm, une cuisinière est venue nous demander avec un air suspicieux quel était notre numéro de chambre. J’ignorais avoir une tête de clocharde au réveil.

 

Constats du premier jour :

 

            -Ici, l’orteil vit libre. L’orteil est sauvage. Nous sommes en Démocratie de l’Orteil Libéré. Les porteurs de chaussure fermée (même un tout petit peu) sont conspués. L’orteil vit libre donc, et quel qu’il soit. Même les moches ont le droit de sortir. 

            -Ici, certains  loueurs d’appartements ont mis des rabatteurs dans la rue, qui te sautent dessus si tu as des bagages pour te demander de venir dormir chez eux. Dédicace à Julie-de-Montréal : comme des fois ils n’ont plus de dents, on dit non, c’est plus sûr.

            -Ici, personne ne connaît notre école. Information qui gagnera son potentiel comique lundi, jour où il nous faudra la trouver alors qu’elle n’est visiblement pas desservie par un quelconque métro, tram, tramway, train, téléphérique, tchuktchuk.

-Ici, les gens sont tout mous. Tu n’es pas obligé de te mettre sur le côté dans l’escalator du métro : personne ne voudra te dépasser. En même temps moi je dis, c’est pas facile de courir en tong.

 

 

Troisième nuit sur place (là maintenant), nous testons un troisième moyen de dodo : chez l’habitant. Lukas nous loue une chambre pour deux nuits dans son très joli appartement, sorte de colocation éphémère en plein Ramblas. Pile dans un appartement comme on voudrait, sauf que non, c’est pas possible. Alors on savoure et on profite, là, par exemple, je suis installée sur le petit balcon avec vue sur les toits de Barcelone, 6ème étage, à moitié à poil-même-pas-froid. Et c’est bien. C’est comme hier, à l’hôtel, où avec le climatiseur à 26°, on a eu un peu froid. C’est quand même drôlement chouette de se dire ça.

 

Mais je suis toujours SDF. Les apparts qu’on visite sont la plupart du temps des vrais taudis loués 600 euros par mois, mais on persévère. On a encore une journée pour en trouver un d’à peu près bien, c’est jouable non ? Non ? Bon.

 

Constat rassurant  du deuxième jour :

 

            -Quelqu’un connaît notre école. (Mais il a dit quelque chose comme « oulalala, c’est une sacrée école de bourges ». Et il ne sait pas où elle se trouve.)

 

Constat scientifique du deuxième jour :

 

            -Le cerveau humain est une machine incroyable. Comme je suis toute la journée en train de switcher difficilement entre 3 ou 4 langues, il fait lui-même l’amalgame. Ce qui fait que je me suis surprise à fabriquer dans ma tête des associations expérimentales comme « Welche hora is it là ? ». Je vais nous inventer une langue que ça va pas tarder.

 

Next au proximo épisode.

 


 

 

 

 

Publié dans marie va en Exotie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

orely 31/08/2008 22:18

Bon courage à vous ... et bonne chance pour trouver un appart. je suis sur que dans quelques semaines, les orteils libres sur un balcon à vous, vous en rirez :-)

Bon courage et bonne rentrée à vous deux
Orely

julie 31/08/2008 13:42

Je suis contente d'avoir de tes nouvelles . T'inquiète pas pour ton appart vous allez trouver c'est sur (toujours tout au dernier moment ne l'oublie pas) en tout cas je croise fort les doigts pour ça !!! Tu me manques beaucoup
gros bisous a vous deux et a très bientôt

marie! 01/09/2008 21:52


Ca fait plaisir d'avoir des petits mots de vous! Merci merci les nami(es)...Bon ben Julie t'avais raison, on a trouvé. C'est chouette c'est beau c'est grand ça va être bien..Pis tu me manques
aussi. Je pense à toi en me goinfrant de donuts avec mon café du matin!
Bisous à tout le monde