plongée empirique en catalogne profonde, l'expérience interdite

Publié le par marie!


Depuis quelques jours maintenant, j'ai peur. L'Exotie, c'est chouette, mais certains autochtones sont pour une sorte d'exclusivité de l'Exotie, genre "L'exotie libre", "Viva l'Exotie", ou le célèbre "l'Exotie aux Exotiens".

Au début de mon périple, à l'époque pas si lointaine où je n'étais encore qu'une sorte de touriste améliorée (comprendre : qui ne se faisait pas encore transpirer le neurone 20 heures par semaine pour apprendre leur langue), ça ne ma genait pas, tout ce barouf pro-Exotien. Mais dès lors qu'il eu fallu entrer pleinement dans la vie Exotienne (comprendre : manger, boire, acheter un téléphone, acheter des médicaments), ça a comme qui dirait commencé à picoter.

Bon sang y'en a qui sont cons.


La première Expérience Interdite, -shéma Exotien VS. Futur Exotien Volontaire- : Le bar à Tapas.

Avec quelques futurs Exotiens Volontaires (FEV), nous avons décidé de goûter du Tapas, d'aller manger de l'apéro. Comme on est pas des touristes, mais des FEV, on s'est dit qu'on allait éviter les coins touristiques. Il faut savoir que pour le FEV, être assimilé à un touriste option Bermuda et espadrilles, c'est un poil agaçant. Toi tu es là pour picoler
apprendre, te faire des coupains sur la plage en buvant des mojitos t'intégrer et travailler, bref, t'es là pour du vrai. Tu VEUX comprendre leur mode de vie, savoir pourquoi tout le monde fait dodo l'après midi, pourquoi ils élèvent tous des cafards (un jour, je vous parlerai de mes nouveaux coupains cafards), pourquoi mais POURQUOI ils portent cette coupe immonde court devant/long derrière, et surtout pourquoi on leur a donné leur permis*. Tu t'interesses.
On rentre dans le bar à tapas, donc, et déjà, on aurait dû flairer la mauvaise idée. Le vieux monsieur derrière le bar était profondément gris et moche. Vous me direz, certains moches sont gentils. Peut-être, mais pas ceux qui, en même temps, sont gris. Je vous la fait courte : il nous à servi avec les doigts de la m*rde réchauffée au micro-onde, une bière, et nous a fait payer une fortune. Certains d'entre nous parlait très bien l'espagnol, ça ne l'a pas empèché de nous faire clairement comprendre que maintenant, il fallait s'en aller, sinon il allait se facher. Tout rouge. Alors nous aussi on a essayé de se fâcher, du genre "eh euh oh, nan mais attends, la bière à 5 euros, c'est un peut beaucoup là, non?"  mais on a pas insisté.
Vieux con de nationaliste. (pardon)

(alors oui, c'est bon, je sais, "des touristes il doit en voir tout le temps, le pauvre, il pouvait pas savoir". Je dis non. Son job c'est servir à manger et ne faire payer QUE ce que les gens ont mangé. Pas de faire "no entiendo no entiendo" en nous montrant la sortie alors que ceux qui parlaient avaient un espagnol trèèès correct.)

La prochaine fois on ira au Macdo ou dans un bon gros bar à touristes, au moins on sera sûrs de bien manger. Non mais.


La seconde Expérience Interdite, -shéma Exotienne de la Fnouc VS. FEV : l'achat d'un téléphone.

Après avoir engendré la plus grosse facture de téléphone de tous les temps pour cause de recherche d'appartement (et de SFR qui "oublie" de geler ton forfait, mais ça c'est autre chose), il a bien fallu chercher un opérateur en Exotie. La Fnouc, donc, grand rassemblement des grands opérateurs Exotiens. A la base, quand tu vas à la Fnouc pour chercher un opérateur de téléphone, c'est une sorte d'indice qui montre clairement que tu as l'intention de rester vivre ici.
On demande des renseignements, en espagnol bien sûr parce qu'on est polis et qu'on s'intègre. La madame de Vodafone était plutôt sympathique. Ca s'est corsé quand Mme Vodafone a apellé Mme Orange, et que Mme Orange, nous prenant pour des billes, lui a dit en Catalan quelque chose comme "tout est écrit sur le papier, qu'est ce que tu veux que je leur raconte à ceux-là", suivit d'un charmant "ils veulent quand même pas que je leur parle Castillan, là?".

*excuse-moi, c'est pas ton boulot, à la base??*

Elle a été aussi aimable qu'une porte de frigidaire américain. On est parti.

Au final on a trouvé un tout petit opérateur pas cher, avec une vendeuse multo multo simpatica, ce qui rassure un peu sur la suite de l'année.


La dernière Expérience Interdite, -shéma Exotiens pas cons MAIS en surnombre VS. FEV cherchant une Fiesta de Barrio.

Les fiestas de Barrio, en Exotie, c'est des sortes de bals populaires, sauf que quand chez nous ça dure une soirée, chez eux c'est 10 jours. Chaque quartier de Barcelone fait sa Fiesta, où que c'est pas cher et très sympa, ambiance locale loin des boîtes à touristes et des bars bondés où tout le monde parle français ou anglais.
Un nouvel ami français avait vécu celle du Barrio de Gracià, et nous assurait que c'était muy calor, cerveza, gens sympathiques, musique locale, tout le monde qui danse, intergénérationnel, tout ça, tout ça.
Hier soir était la soirée de clotûre de la Fiesta du Barrio de Valcarca, alors on y est allé.

C'était hyper flippant.

Ca devait pas être le même genre de quartier, hein. Quand on est arrivés, il y avait une petite scène avec un groupe de petits vieux qui chantaient des chansons nationales Catalanes, ça donnait des choses comme "catalooooouuuuuuuuniiiiiiaaaaaa, cataloooooooouuuuuuniaaaa, CATALOOOOOOOOUUUUUUUNIIIIIAAAAA", reprit en choeur par la centaine de petits vieux de l'assistance.

Glups.

Hin Hin.

Euuuh, hola! hin hin...

J'avais l'impression tenace que si jamais ils repéraient qu'on était complètement français, ils allaient nous jeter des cailloux. D'ailleurs j'ai encore l'image du petit vieux d'à côté qui nous fixait, qui danse devant mes yeux quand je les ferme.

Surtout que la veille, aux infos, j'ai vu des images traumatisantes d'un groupe de nationalistes brûlant ensemble les drapeaux Espagnol et Français.

Après avoir essayé vainement de rentrer dedans le sol, on est parti, toooouuut doucement, sans paniquer.

On est aller boire de la sangria, et c'était mieux comme ça.


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* Petit éclaircissement quand à la conduite en milieu Exotique. Ils ont une conception du feu rouge quelque peu troublante. Disons qui si, pour le reste du monde, tu peux avancer quand la grosse lumière sur le poteau bizarre est VERTE, pour eux, c'est quand le petit bonhomme devient ROUGE. C'est à dire, vous êtes d'accord, 5 à 10 bonnes secondes avant que le vrai feu devienne vert. Ca fait su-per peur, quand t'es au milieu du passage piéton.




Publié dans marie va en Exotie

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