d'accord, c'est bon, pardon.

Publié le par marie!



Je suis d'une mauvaise foi affligeante. Je râle, je râle, je râle.


C'est mal.


Je m'en vais de ce pas réparer tout ça en vous faisant un article bien mielleux sur comment ici c'est trop bien, et comment qu'on s'y sent trop heureux. Sinon on va encore dire que je suis jamais contente. Peut être qu'à la fin je mettrai quand même les trucs qui m'éneeeeeeervent, mais c'est juste parce que je peux pas m'en empêcher.


L'Exotie, c'est trop bien. Voilà.


Développer?


Bon, allons-y.


Ici, les gens sont vraiment cooouules. Alors toi aussi, même si t'es pas Exotien, tu deviens un peu coooouule aussi. Des fois juste pour qu'ils arrêtent de te regarder bizarre quand tu cours partout. Mais être coooouuule, ça implique tout particulièrement d'arrêter d'utiliser ces choses étranges qu'on appelle montres. L'Exotien est donc, vous l'aurez compris, affreusement en retard. (non mais quand même vous voyez, ils sont HY-PER malpolis!). Si bien que quand toi, pauvre étranger soumis aux lois de la grande horloge et des horaires immuables, tu penses que tu es en retard, tu seras toujours encore le premier à arriver.

C'est extrèmement perturbant.

D'ailleurs j'en ai parlé avec d'autres Erasmous, ils sont pareils que moi, même en sachant ça, ils n'y arrivent pas. On se dépeche toujours et encore pour être pile à l'heure, et on attend sagement une grosse demie/heure que les Exotiens arrivent. Mais ça va venir, je le sens. Je peux le faire. Je peux être en retard de mon plein gré.

D'ailleurs même les profs ne s'embêtent pas avec de bêtes considérations horaires. Moi, après 1/4 d'heure à poireauter sans prof dans la salle de cours, je fais une régression instantanée au collège/lycée, je me mets à crier

"mais eeeeuh! au bout de un quart d'heure on a le droit d'y alleeeeer-eeuh!".

Le plus drôle à été quand une espagnole, forte de sa position de chef de groupe pour le projet "pub kitsch pour schweppes" (oui quand même) est venue vers Ilan et moi, l'oeil accusateur semblant encore se souvenir de ce jours où nous étions en retard en cours, pointant haut son index en nous disant "ponctualidad, chicos, ponctualidad!". Mouahaha. Laisse-moi rire.

Ah mince je râle encore là, non?

Sinon, l'Exotie c'est aussi vraiment chouette parce que tu fais globalement ce que tu veux. Déjà tu te mets dans n'importe quel vêtement. On voit ta culotte? Pas grave, ils s'en fichent. On voit ton gras? Pas grave ils s'en fichent. On voit ton soutien-gorge? Pas grave ils s'en fichent. On voit tes seins? Pas grave ils s'en fichent. Mais alors complètement. Sans rentrer dans le cliché facile, qu'est-ce qu'on se sent libre ici! Alors qu'en France tout le monde se retourne d'un air suspect dès que tu sors des limites mornes et carrées, ici, c'est juste le paradis. C'est l'effet soleil ça je pense. L'effet calor tout ça tout ça. A moi les jolis décolettés, les petites robes et les jolies chaussures! (où est ma bourse, OU EST MA BOURSE???)

Ensuite, on ne pouvait pas y échapper, c'était sûr que j'allais en parler. La nourriture. Raaah.

Tout d'abord réduisons à néant une légende urbaine mondiale tentant de nous faire croire que le nourriture espagnole est bonne. C'est archi-faux. Ce n'est vraiment rien d'exceptionnel. Mais ils ont l'immense avantage de pouvoir manger tout le temps. Tout le temps. Rien que de les écrire, ces trois petits mots me font rêver. Ben attend, à quoi ça sert d'avoir une super bonne gastronomie si tu ne peux en profiter qu'une fois par mois en payant un repas au prix de ton smic?
Là, en Exotie, tous les jours, tu peux t'affaler sur une terrasse avec ta sangria en t'empiffrant de patatas bravas.

Je ne vous avais pas encore parlé des patatas bravas? C'est ma nouvelle passion. Pile entre les Kinder et le fromage de chèvre. Désavantage important : une patatas bravas = 2kg. Approximation réalisée par simple observation de la texture impressionante de la mayonnaise.

Bonus spécial "pourquoi l'Exotie c'est trop bien", épisode "encore plus que l'Exotie, c'est ma maison qui est trop bien" : la proximité indécente avec tous les magasins du diable.

J'habite dans un endroit où que si je sors de ma rue et que je vais à droite sur 20 mètres, y'a un achéhèm (oooooh!). 30 mètres, y'a un Zara( gniii?). 40 mètres, un Mango (aaaaaah!). 50 mètres, un Topshop (guaaaa!), etc, etc. Si t'es pas branché fripouille, tu fais la même avec les bars.

Et enfin, dernière chose immanquable de ma liste non exhaustive du bonheur d'être presqu'Exotien : les self-services de nuit.

Les pakistanais quoi.

Pas dans des magasins, non. Dans la rue. On peut les reconnaitre par leur cri

Beer-cerveza-haschich-cocaîne
Beer-cerveza-haschich-cocaîne

En marchant deux minutes sur la Ramblas (grande artère touristico-commerciale, à deux pas de chez moi), vous en croiserez une bonne vingtaine, tenant leur pack de bière à la main, inlassablement. Et concrètement, ça sert donc à s'acheter une bière à 1 euro, où que tu sois, à n'importe quel moment de la nuit. Mais alors vraiment à n'importe quel moment de la nuit.
Ca devient tout à fait agacant en cas de concert. La pakistanais ayant détecté l'amas possible de clients potentiels, tu te retrouves à regarder un concert en t'arrêtant toutes les 30 secondes (sans éxagérer) pour dire "no, gracias" à un monsieur "cerveza-beer". Au bout de cinq minutes, tout ton self contrôle s'est envolé. Tu dis juste NO très très fort en lançant des petits éclairs avec tes yeux. Non mais.


Donc oui, il y a un sacré paquet de choses formidables ici.

Ma préférée reste le fait que nous somme le 13 octobre, et que je suis toujours encore en short.

Oui, c'est vraiment celle que je préfère.

Publié dans marie va en Exotie

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